CDI, CDD et intérim : règles essentielles au Maroc

Les trois grandes formes de contrat de travail au Maroc, quand chacune peut être utilisée, les pièges à éviter.

Lecture : 7 min · Catégorie : Droit du travail · Mis à jour : 2026-04-18 · Relu le 2026-04-18

Le Code du travail marocain (loi 65-99) encadre trois formes de contrat : CDI (durée indéterminée, sans terme), CDD (durée déterminée, autorisé uniquement dans une liste fermée de cas), et travail intérimaire (tripartite, via une ETT agréée). Le CDI est la règle par défaut, toute relation de travail est présumée CDI sauf si l’une des exceptions s’applique strictement. Un CDD conclu hors cas autorisés ou renouvelé au-delà de la limite légale est requalifié en CDI par le tribunal social. Cette fiche couvre les règles, les périodes d’essai, les mentions obligatoires du contrat écrit et les pièges les plus fréquents.

Personne signant un contrat formel avec un stylo plume
Tout contrat doit être écrit. Un CDD sans contrat écrit est présumé CDI, une protection discrète mais puissante pour les salariés. Photo : Helloquence via Pexels. Licence Pexels.

Le CDI, contrat à durée indéterminée

Le CDI est la règle. Toute relation de travail est présumée en CDI sauf si les conditions strictes d’un autre type de contrat sont réunies.

Caractéristiques :

  • Pas de terme fixe ;
  • Période d’essai possible, plafonnée par le Code :
    • 3 mois pour les cadres (renouvelable une fois),
    • 1 mois et demi pour les employés (renouvelable une fois),
    • 15 jours pour les ouvriers (renouvelable une fois) ;
  • Rupture encadrée : démission (préavis), licenciement (motif réel et sérieux, procédure disciplinaire le cas échéant, indemnité de licenciement), accord amiable, rupture pour cas de force majeure.

Le CDD, contrat à durée déterminée

Le CDD n’est autorisé que dans des cas limitativement énumérés par le Code du travail :

  • Ouverture d’une entreprise ou d’un établissement nouveau ;
  • Lancement d’un produit nouveau ;
  • Remplacement d’un salarié temporairement absent ;
  • Accroissement temporaire d’activité ;
  • Travaux saisonniers ;
  • Emplois auxquels des usages constants ne recourent jamais qu’au CDD.

Durée maximale :

  • 1 an, renouvelable une seule fois, soit 2 ans maximum dans le régime général ;
  • Règles spécifiques pour l’ouverture d’entreprise (12 mois non renouvelables dans certaines interprétations, à vérifier).

Conséquences clés :

  • Un CDD conclu hors cas autorisés, ou renouvelé au-delà de la limite légale, est requalifié en CDI par le juge social.
  • La rupture anticipée du CDD par l’une des parties est très encadrée (force majeure, faute grave, accord amiable), à défaut, dommages-intérêts dus.
  • Le CDD doit être écrit ; à défaut, présomption de CDI.
Deux professionnels échangeant un document signé au-dessus d'un bureau
Exigez les deux exemplaires signés le jour même. Un employeur qui promet de "vous envoyer ça plus tard" est un drapeau jaune, sans contrat écrit, les conditions deviennent une parole contre une autre. Photo : Sora Shimazaki via Pexels. Licence Pexels.

L’intérim, travail temporaire

L’intérim est un CDD tripartite :

  • Le salarié est employé par une entreprise de travail temporaire (ETT) agréée ;
  • Il est mis à disposition d’une entreprise utilisatrice pour une mission précise ;
  • Trois contrats coexistent : contrat de mission (salarié-ETT), contrat de mise à disposition (ETT-entreprise utilisatrice), et relation de subordination fonctionnelle du salarié vers l’entreprise utilisatrice.

Cas autorisés : similaires au CDD (absence, accroissement, saisonnier), avec des durées plafonnées. La mission doit correspondre à une tâche précise et non durable.

Mentions obligatoires dans le contrat écrit

  • Identité et adresse des parties, numéro CNSS (employeur et salarié) ;
  • Poste de travail, lieu d’exécution ;
  • Date de début, durée (pour CDD), période d’essai ;
  • Rémunération et éléments annexes (primes, indemnités, avantages) ;
  • Horaire de travail ;
  • Référence à la convention collective applicable le cas échéant ;
  • Période d’essai.

Pièges fréquents

  1. Renouvellement abusif de CDD, risque de requalification et condamnation.
  2. Essai déguisé, enchaîner plusieurs CDD courts pour « tester » un candidat revient à éluder les règles d’essai.
  3. Absence de contrat écrit, la jurisprudence tranche quasi systématiquement en faveur du salarié.
  4. Confusion entre stage et CDD, le stage obéit à un régime distinct (convention de stage) et ne doit pas servir à masquer un emploi salarié.
Gros plan d'une main signant un document officiel sur un bureau en bois
Avant de signer, vérifiez que chaque mention obligatoire ci-dessus figure. Numéros CNSS manquants, lieu de travail vague, ou absence de période d'essai sont tous courants, et tous à signaler. Photo : Pixabay via Pexels. Licence Pexels.

Chercher un CDI ?

Le CDI est le contrat par défaut pour la plupart des recrutements permanents sur les offres marocaines de Bayt. Filtrez les offres Bayt.com par “Temps plein / Permanent”, et confirmez explicitement le CDI au moment de l’offre. Certains employeurs proposent par défaut un CDD ou un “CDD d’essai” pour différer leur engagement ; demandez.

Pour aller plus loin

Taux et procédures évoluent — vérifiez la dernière version sur la source officielle citée.

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